
Spondylarthrite ankylosante (SA)
ou Maladie de Bechterew.
C'est une maladie relativement
fréquente (entre 0,5
et 2 % de la population générale), sans prédominance
masculine, atteignant préférentiellement
l'adulte
jeune,
les premiers symptômes apparaissant le plus souvent avant
l'âge de 30 ans. Son incidence annuelle est variable suivant les
études, allant de 0.5 à 14 pour 100 000 sujets.
Causes
La spondylarthrite
ankylosante est étroitement liée au gène
HLA-B27, 90 % des malades étant porteurs de ce gène. Ce dernier n'étant
présent que dans moins de 10 % de la population
normale, ce qui témoigne d'une prédisposition héréditaire. Toutefois la
cause en reste indéterminée et la plupart des personnes ayant ce groupe
HLA ne sera jamais atteint par la maladie. Il existe également d'autres
facteurs génétiques prédisposants, comme semblent le démontrer des
formes
familiales non dépendant uniquement du HLA-B27. Les gènes suspectés
sont multiples, impliqués à la fois dans la survenue de la maladie et
dans sa gravité.
Les avancées scientifiques de ces dernières années tendent à rapprocher
la spondylarthite ankylosante de certaines maladies inflammatoires
chroniques de l'intestin. C'est le concept de spondylarthropathie
où le
primum movens de l'atteinte est celle des enthèses (atteinte des
tendons et des ligaments ) avec autour des éléments permettant de
définir un terrain génétique (cas familaux ou HLA B27) des
manifestations extra articulaires, le psoriasis, et certains tableaux
comme les arthrites réactionnelles, les oligoarthrites B27, ou le
syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter décrit pendant la première guerre
mondiale de part et d'autres des tranchées par les médecins français et
allemands. Lors d'une spondylarthrite, l'intestin est le siège d'une
inflammation chronique et souvent silencieuse. De plus, les patients
porteurs d'une maladie
de Crohn (maladie inflammatoire intestinale) et
du HLA-B27 développent dans 50% des cas une spondylarthrite.
Certaines hypothèses font état d'un lien entre la spondylarthrite
ankylosante et la bactérie intestinale Klebsiella pneumoniae, un
mécanisme de mimétisme moléculaire serait à l'origine de la maladie.
Des anticorps dirigés contre la bactérie seraient ainsi capables de
s'attaquer aux cellules porteuses du gène HLA-B27.
Il existe également un modèle animal de la maladie, sous forme de
souris transgénique, porteuses du HLA-B27 et qui développent parfois
une atteinte proche de la maladie humaine après ingestion de Yersinia.
Il semble que les articulations atteintes sécrètent localement du TNFα (Tumor
Necrosis Factor alpha)
,
une cytokine impliquée dans certains mécanismes de l'inflammation, ce
qui expliquerait l'efficacité des médicaments anti TNFα dans cette
maladie.
Effets
de la maladie
La maladie apparaît entre 15 et 35 ans. Elle se manifeste par un
ensemble de signes cliniques associant au cours du temps :
* sacro-iliite (ou sacro-iléite)
se traduisant par une douleur du bas du dos, chronique, avec un
caractère inflammatoire (relativement calmée par l'exercice et non par
le repos, survenant souvent la nuit), parfois latéralisée et pouvant
irradier à l'arrière de l'une ou des deux cuisses ;
* des talalgies (douleurs dans les talons) caractéristique
lorsqu'elles sont à bascules (c'est-à-dire alternant les deux côtés),
et d'horaire inflammatoire (plus importante au repos) ;
* un enraidissement articulaire (pouvant aller jusqu'à l'ankylose
du rachis et de la colonne vertébrale. Contrairement à la polyarthrite
rhumatoïde ou à l'arthrose, cette maladie ne détruit généralement pas
les articulations. Une atteinte des hanches ou de la cage thoracique
est cependant possible (avec diminution de l'amplitude respiratoire
dans ce dernier cas).
Elle peut aussi atteindre d'autres articulations, le plus souvent
celles des membres inférieurs, ainsi que les tendons et les enthèses
(points de liaison entre l'os, les tendons et les ligaments) , donnant
des arthrites (orteils en saucisse), des tendinites et des
enthésopathies.
D'autres organes en dehors de l'appareil locomoteur peuvent être
touchés plus ou moins fréquemment :
* œil
(uvéite antérieure ou iritis, essentiellement unilatérale) ;
* peau (psoriasis)
;
* intestins
(inflammation chronique, côlon irritable (maladie de
Crohn, rectocolite RCU)), diarrhées pouvant être glairo-sanglantes ;
* cœur
(atteinte du faisceau de His, insuffisance aortique, myocardite)
;
* poumons.
Une fatigue
peut être présente. La maladie ne diminue pas
l'espérance de vie du patient, sauf dans les formes sévères qui se
compliquent parfois d'amylose de type SAA.
Évolution
de la maladie
Au bout du temps (plusieurs années d’inflammation), les enthèses,
c'est-à-dire les tendons, les ligaments, les capsules (ce qui est
autour de l’articulation), vont se calcifier jusqu'à s'ossifier. Dans
les formes extrêmes cela peut constituer des ponts osseux surtout au
rachis mais parfois aux épaules ou aux hanches. Ce type d'atteinte est
qualifiée d'historique car se voyant surtout avant les années 1960,
néanmoins il arrive de voir ce type d'atteinte encore de nos jours.
Au niveau des sacro-iliaques, il y a une fusion entre les deux os (le
bassin et le sacrum) et surtout entre les vertèbres. Ces fusions
s’appellent des syndesmophytes. Dans ce cas là, on peut aboutir à une
forme ankylosante c’est-à-dire à une inflammation suffisamment sévère
pour occasionner des enraidissements.
Dans les formes les plus évoluées, il peut y avoir une ossification
complète avec soudure de tous les os concernés : les
vertèbres
lombaires forment un seul bloc. Cela arrive au niveau du dos mais aussi
au niveau du cou.
Dans certaines zones de l’organisme, telle que les sacro-iliaques,
lorsque l’ankylose apparaît les douleurs disparaissent. Dans 30% des
cas il existe une ostéoporose,
avec des risque de fracture
trans-discale instable se compliquant parfois de compression
médullaire.
Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Spondylarthrite_ankylosante
Complications.
La complication la plus importante au cours de la
spondylarthrite ankylosante touchant la colonne vertébrale est la
fracture d'une ou plusieurs vertèbres. Celle-ci peut survenir même
après un traumatisme léger, sur des vertèbres fragilisées. C'est
surtout le rachis cervical qui est atteint. Quelquefois, elle entraîne
une quadriplégie,
c'est-à-dire une paralysie des quatre membres.
Une autre complication rare également de l'atteinte du rachis est le
syndrome de la queue de cheval qui regroupe un ensemble de symptômes
dûs à la compression des nerfs constituant la queue de cheval. La queue
de cheval est la partie terminale de la moelle épinière constituée des
trois dernières racines lombaires, c'est-à-dire des nerfs sacrés et
coccygiens qui descendent en paquet dans la partie terminale de la
moelle épinière située dans le canal vertébral à l'intérieur de la
colonne vertébrale. Cette compression de la queue de cheval entraîne
des troubles trophiques (c'est-à-dire une dégénérescence précoce des
muscles), une cyanose, des œdèmes, et des trouble sphinctériens comme
une incontinence ou une rétention.
L'atteinte des poumons, se caractérisant par une fibrose c'est-à-dire
un durcissement de la partie supérieure des poumons que l'on appelle
les lobes supérieurs, se fait lentement et progressivement, mais il
s'agit d'une complication rare et d'évolution prolongée de la
spondylarthrite ankylosante. Il peut exister également à long terme,
une colonisation par un microbe appelé Aspergillus.
L'atteinte cardiaque s'accompagnant de troubles du rythme avec un
déficit du passage de l'influx nerveux entre oreillettes et ventricules
peut également se voir.
Il semblerait qu'il existe plus de prostatite chez les hommes ayant une
spondylarthrite ankylosante que chez les autres.
En ce qui concerne l'appareil urinaire, une maladie appelée amyloïde,
liée à une dégénérescence rénale surgit parfois.
Dans la vie de tous les jours, les patients atteints par cette maladie
restent actifs sur le plan professionnel, en dehors des complications
citées précédemment, qui peuvent raccourcir l'espérance de vie.
Source : http://www.vulgaris-medical.com
Maladies apparentées.
Une série de maladies présente des symptômes
analogues à la spondylarthrite ankylosante. Elles sont regroupées sous
le terme de spondylarthropathies.
En
font partie :
l’arthrite psoriasique, le syndrome de Behçet, l’uvéite antérieure
aiguë,
l’arthrite réactive, l’arthrite juvénile chronique, la maladie de
Wipple,
la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse et le syndrome de Reiter.
Rééducation de la
spondylarthrite ankylosante.
La rééducation
suit 2 grands principes: la lutte contre les douleurs; la diminution de
l’enraidissement et la prévention ou la correction des déformations
articulaires.
Elle est d’autant plus efficace qu’elle est précoce et doit ainsi être
proposée à tous les stades de la maladie.
Elle a aussi pour but d’éduquer le patient afin qu’il puisse pratiquer
une autorééducation pluriquotidienne
et conserver une adaptation socioprofessionnelle satisfaisante.
http://aliquid.free.fr/IMG/pdf/3095_exercices.pdf
